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''Elegant People'' : le 38ᵉ album de Biréli Lagrène

Après plus de 40 ans de carrière et presque autant de temps sur les routes avec sa guitare, le jazzman revient avec un nouveau disque.

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''Elegant People'' : le 38ᵉ album de Biréli Lagrène
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Retour sur le parcours de ce génie du jazz.

© Jean-Baptiste Millot
L'un des plus grands noms de la scène jazz actuelle est un artiste d’une grande humilité, malgré son incroyable parcours. Biréli Lagrène est né en Alsace, au cœur de la communauté manouche. Dans sa famille, on est musicien de génération en génération, son père et son frère jouent de la guitare, c'est donc tout naturellement qu'enfant il se tourne lui aussi vers cet instrument. Sur les premières images que l’on connait de lui, il est devant une caravane, près de Strasbourg, avec déjà une guitare en mains… Considéré dès l'enfance comme un prodige, et le meilleur héritier de Django Reinhardt, le voici quelques dizaines d'années plus tard, couronné Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, une immense fierté pour lui.

Le guitariste revient volontiers sur sa famille et son parcours : « À part l'école, je ne regrette rien ! Je n'ai pas eu le temps de continuer plus loin parce que j'avais déjà choisi ce métier bien avant que je puisse passer au au lycée. J'ai tout de suite pris la route. À 13 ans. J'étais un forcené de la guitare, j'ai été absorbé dès que j'ai découvert l'instrument. Mon frère m'a dit que j'avais appris à jouer à une vitesse fulgurante. Ça ne m'étonne pas, dès que je rentrais de l'école, je mettais des disques de Django Reinhardt toute la journée ! Et puis j'essayais tant bien que mal de recopier ses solos. Mon père pensait quand même que ce serait pas mal que j'apprenne à lire musique. Deux professeurs sont venus, mais ils ne sont jamais revenus parce que ce qu'ils voulaient me montrer, je le savais déjà. A part que je ne savais pas lire la musique. L'un d'eux a dit à mes parents que si on m'enseignait le solfège, on allait peut-être briser tout ça, j'aurais pu me retrouver dans un truc où je n'aurais plus eu ma liberté. »

Biréli Lagrène se produit dans le monde entier depuis plus de 40 ans et vient de sortir son 38ᵉ album. Il s'intitule ‘‘Elegant People’’, du nom d'un morceau de Wayne Shorter qu'il reprend en ouverture du disque. L'album qui flirte avec le blues et le rock, fusionne des standards américains du ‘‘Great American Songbook’’ et des compositions de l'artiste. Au fil de sa carrière il a exploré tous les styles du jazz : « J'ai du mal à tenir en place musicalement. Après tant d'années, je suis sur une certaine recherche. J'essaye toujours de me remettre en question, de faire quelque chose de nouveau. » Le guitariste reconnaît se soucier de l'accueil que lui réserve le public à chaque nouvel album, à chaque concert. S'il refuse de rester cantonné à un style bien particulier, il tient toutefois à prendre soin de son public, sans trop le brusquer, et reconnaît que lorsqu'il s'éloigne du jazz en expérimentant un univers un peu trop rock, il a alors besoin de « redevenir sage ». Pour rassurer le public ou pour se rassurer lui ?

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