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Au cinéma le 20 mai : L’Être aimé et Autofiction où le cinéma espagnol en force à Cannes

La compétition du Festival de Cannes met cette semaine l’Espagne à l’honneur avec deux films très attendus. L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen explore une relation père-fille conflictuelle sur fond de tournage. Autofiction de Pedro Almodóvar interroge les frontières entre réalité personnelle et création artistique.

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Au cinéma le 20 mai : L’Être aimé et Autofiction où le cinéma espagnol en force à Cannes
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Cette semaine, la compétition officielle du Festival de Cannes accueille deux films espagnols, portés par des auteurs aux démarches très différentes. Rodrigo Sorogoyen accède pour la première fois à la sélection avec L’Être aimé, tandis que Pedro Almodóvar revient avec Autofiction, un projet qui s’inscrit dans une réflexion très personnelle sur l’acte de création.

Pour Thierry Chèze, rédacteur en chef du magazine Première, le film de Sorogoyen frappe d’emblée par sa construction et par la manière dont il installe ses personnages. Il explique ainsi :« Le début de ce film, ça rappelle <em>Valeurs sentimentales</em> de Joachim Trier. C'est l'histoire d'un cinéaste qui est assez éloigné de sa fille depuis des années, une fille qui est actrice, et il vient lui proposer de tourner dans son nouveau film. On va suivre le tournage et on va suivre cet homme incarné magistralement par Javier Bardem. Et on va voir ce père et ce metteur en scène, cet homme assez violent dans la manière aussi de conduire son équipe, et comment sur un plateau, en fait, il ne peut plus faire comme ce qu'il faisait avant. »

Selon lui, le film se distingue surtout par la tension qui traverse à la fois le tournage fictif et la relation intime entre les deux personnages principaux. Il insiste sur cette dimension émotionnelle : « Il y a une tension de bout en bout qui est absolument incroyable, et notamment cette relation fille-père, la fille heureuse de retrouver son père mais qu'elle connaît mal depuis des années, et en même temps assez effrayée de voir l'homme qu'il est et de se demander : c'est quoi mon rapport avec ce père ? C'est un film passionnant, vraiment de bout en bout. »

Avec Autofiction, Pedro Almodóvar aborde un autre versant du cinéma, celui du rapport direct entre la vie et l’œuvre. Thierry Chèze replace ce film dans une réflexion plus large sur la transformation du réel par les auteurs : « Autofiction, c'est l'histoire d'un cinéaste qui est en panne de création mais qui, dans son entourage, a quelqu'un qui va l'inspirer alors qu'elle va mal. Et lorsque cette femme va s'apercevoir qu'il lui vole sa vie, ça ne sera pas sans conséquence. »

Le critique souligne enfin l’importance de ce film dans la carrière du cinéaste espagnol, tant sur le plan esthétique que narratif : « C'est sans doute son plus beau film depuis les années 80. Il y a des plans qui sont des tableaux et ça joue remarquablement entre la fiction et la réalité. Almodóvar n'a jamais eu de Palme d'or à Cannes. Est-ce que 2026 sera son année ? »
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L'Etre aimé (El ser querido)

Drame (E) réalisé par Rodrigo Sorogoyen avec Javier Bardem, Vicky Luengo, Marina Foïs
Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film.
Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue : sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans.
La jeune femme accepte cette incroyable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père.
Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures.

Autofiction (Amarga Navidad)

Comedie dramatique espagnole de Pedro Almodóvar avec Bárbara Lennie, Aitana Sánchez-Gijón, Leonardo Sbaraglia
Raúl est un cinéaste culte en pleine crise créative.
Lorsqu’un drame frappe l’une de ses plus proches collaboratrices, il s’en inspire pour écrire son prochain film. Peu à peu, il imagine Elsa, une réalisatrice en pleine écriture, dont le parcours commence à refléter le sien.
Les deux cinéastes deviennent les deux facettes d’un même personnage, dans un jeu de miroirs où l’impudeur de l’autofiction dévoile autant qu’elle détruit.
Mais jusqu’où peut-on aller pour raconter une histoire ?

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