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''Furcy, né libre'' : Abd Al Malik signe un film puissant sur le devoir de mémoire

10 ans de travail auront été nécessaires pour qu’Abd Al Malik donne enfin naissance à son 2ᵉ long métrage. Un film porté par une ambition artistique forte, mais aussi par une envie de transmettre. Un film nécessaire et poignant, à la fois historique et résolument contemporain, qui rappelle que la justice, la culture et l’éducation sont les fondations indispensables d’une société réellement libre.

Dernière modification : 09/01/2026 09:16

''Furcy, né libre'' : Abd Al Malik signe un film puissant sur le devoir de mémoire
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Une histoire universelle qui nous plonge sur l'île de la Réunion au XIXᵉ.

© Unifrance
Le film retrace le destin hors norme de Furcy, un homme réduit en esclavage au XIXᵉ siècle, qui découvre à la mort de sa mère qu’elle avait été légalement affranchie. Ce document secret change tout : si elle était libre, alors lui aussi l’était. Furcy décide alors d’intenter un procès contre son maître. S’ouvre pour lui une lutte judiciaire longue de 27 ans, un combat acharné pour faire reconnaître son droit naturel et légal à la liberté. Pour Abd Al Malik, cette histoire individuelle porte en elle quelque chose de profondément collectif et devient « un combat universel ».

L’histoire met aussi en lumière un élément central du film : le pouvoir de l’instruction. Sans savoir lire, Furcy n’aurait jamais pu comprendre l’importance du document laissé par sa mère. « Ce film parle de culture, de savoir, d’éducation : ce qui libère vraiment », insiste le réalisateur. Raconter Furcy, c’est aussi contribuer à regarder en face une part obscure de notre histoire commune : « On doit pouvoir regarder notre histoire dans les yeux, même ses zones sombres. L’art doit aider à créer de la réconciliation, à faire peuple, à faire France, à faire Europe. »

Pour lui, être français ou européen n’est pas une question d’origine, de couleur ou de religion, mais d’adhésion à des valeurs, en premier lieu la justice. Le réalisateur le dit sans détour : « Si, 200 ans après, on retrouve les mêmes pensées qu’à l’époque de Furcy, c’est qu’il y a un problème. »
La fiction, selon lui, a un rôle essentiel dans l’éveil des consciences.

Pour illustrer au mieux ce récit puissant, Abd Al Malik s’est entouré d’un casting « fabuleux » : Makita Samba, magistral dans le rôle de Furcy, mais aussi Romain Duris, Vincent Macaigne, Anna Girardot, Frédéric Pierrot, Philippe Torreton et bien d’autres. « Les grands acteurs, on ne les dirige pas, on les ambiance », confie-t-il avec humour et admiration.

Enfin interrogé sur ce que représente pour lui la route, Abd Al Malik évoque la route de la vie, faite de rencontres, de cheminements, de transformations. Une vision poétique qu’il relie à son parcours d’artiste, souvent marqué par l’itinérance, l’écriture en voyage, les paysages traversés de France, d’Afrique et d’ailleurs.
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