"Horélie" de Delphine Saada
À travers ce roman, l'autrice interroge les rapports de dépendance, fascination et frustrations entretenus par les réseaux sociaux en nous proposant le monologue intérieur d'une jeune femme emprisonnée dans l'attente de son procès.
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Le roman interroge les rapports de fascination et frustrations entretenus par les réseaux sociaux.
Tout le roman nous permet de partager les réflexions d'Aurélie, que le COVID a totalement désocialisé, et qui tombe dans un engrenage de fascination-addiction-frustration-violence à l'encontre d'Hortense. Et tout ce mécanisme est finement analysé : « Malheureusement, je pense qu'une bonne partie des personnes qui regardent Instagram tous les jours peuvent avoir connu ces stades de fascination et addiction. Et je voulais montrer que l'étape d'après n'est pas si loin qu'on pourrait le croire. »
Delphine Saada dresse un portrait intime et sociologique très juste de ces deux femmes que tout oppose. Mais c'est à Aurélie uniquement qu'elle a choisi de donner la parole puisque le livre est un long monologue : « Ça peut être un peu troublant de laisser la parole à une présumée coupable mais c'était voulu puisque pendant tout son temps d'observation d'Hortense, elle n'a pas eu la parole et on ne la regardait pas non plus. Et donc je voulais inverser les choses en nous obligeant à être face à sa lucidité. »
Une seule question se pose une fois le livre refermé : qui est coupable ? Celle qui a commis une violence ? Celle qui s'exhibe ? Ou les algorithmes ? La réponse est plus complexe qu'il n'y parait : « On voit de plus en plus de parents porter plainte contre des réseaux comme TikTok ou Instagram pour des faits de suicides de leurs propres enfants. Et je pense qu'ils ont une part de responsabilité que pour l'instant, à mon sens, ils ne tiennent pas. »