Covoiturage : faut-il déclarer les sommes perçues aux impôts ?
Chaque printemps, la déclaration de revenus revient avec son lot de questions, notamment sur les pratiques du quotidien. Le covoiturage, de plus en plus utilisé pour les trajets domicile‑travail ou occasionnels, n’échappe pas à la règle. Les sommes échangées entre conducteurs et passagers peuvent sembler anodines, mais leur traitement fiscal n’est pas toujours évident. Selon les situations, elles peuvent relever d’un simple partage de frais… ou être assimilées à un revenu.
Publié le :
Les sommes perçues sont exonérées d’impôt lorsqu’elles répondent simultanément à trois conditions. Le conducteur doit effectuer le trajet pour son propre compte, sans créer un déplacement uniquement pour transporter des passagers. Le montant demandé ne doit pas dépasser le barème kilométrique forfaitaire, divisé par le nombre de voyageurs. Enfin, le conducteur doit conserver à sa charge une part des frais, notamment de carburant et de péage. Lorsque ces critères sont remplis, il s’agit d’un partage de frais : les sommes reçues ne sont pas imposables et n’ont pas à être déclarées.
La situation change dès qu’au moins une de ces conditions n’est plus respectée. Par exemple, si le tarif pratiqué excède les frais réels ou si le conducteur ne supporte plus aucun coût, l’activité est assimilée à une prestation rémunérée. Les recettes deviennent alors imposables et doivent être déclarées à l’administration fiscale.
Dans ce cas, les revenus relèvent des bénéfices industriels et commerciaux. Selon le montant des recettes et la fréquence de l’activité, le contribuable peut être soumis au régime micro‑BIC ou au régime réel. Le régime micro‑BIC, plus simple, prévoit un abattement forfaitaire de 50 % pour frais, avec un minimum de 305 euros. Au-delà de certains seuils, des obligations supplémentaires apparaissent, notamment en matière de TVA.
Sur des plateformes comme BlaBlaCar, le covoiturage repose en principe sur le partage des frais d’un trajet que le conducteur effectue déjà pour son propre compte. Le service met en relation conducteurs et passagers, mais n’intervient pas dans la qualification fiscale des sommes échangées. Le simple fait d’utiliser BlaBlaCar ne détermine donc pas si l’argent perçu doit être déclaré ou non. Tout dépend des conditions concrètes du trajet, du montant demandé aux passagers et de la logique dans laquelle s’inscrit le conducteur. C’est précisément ce point qui peut interroger au moment de remplir sa déclaration de revenus.
Pour éviter toute erreur, l’administration fiscale met à disposition une fiche dédiée au covoiturage, permettant d’évaluer précisément sa situation.