Quand James Bond cale : la chute des ventes Aston Martin et l’espoir d’un rebond en 2026
Aston Martin a dévoilé une forte dégradation de ses résultats 2025, marqués par une baisse de 10 % des ventes et une perte nette en hausse de 52 %. Interrogée par l’AFP, la direction explique cette contre‑performance par la chute de la demande mondiale de véhicules de luxe et par la hausse des droits de douane aux États‑Unis et en Chine. Malgré de nouveaux licenciements touchant jusqu’à 20 % des effectifs, le directeur général Adrian Hallmark affirme attendre une nette amélioration en 2026.
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Une Aston Martin DB5 restaurée devant les ateliers mytiques de la marque
© Aston MartinLe constructeur britannique espérait retrouver une trajectoire plus stable en 2025. Mais il a finalement connu l’une de ses années les plus difficiles, avec un recul de 10 % des ventes et une perte nette alourdie de 52 %, selon les résultats dévoilés mercredi. Interrogé par l’AFP, le directeur général Adrian Hallmark décrit « l’une des années les plus turbulentes du marché du luxe automobile ».
La marque emblématique, associée depuis des décennies à l’univers de James Bond, dit avoir subi de plein fouet une contraction de la demande mondiale. « La demande des consommateurs a été affectée par l’escalade des incertitudes géopolitiques et des défis macroéconomiques », explique le dirigeant, citant principalement les droits de douane imposés aux États‑Unis comme en Chine.
Ces taxes ont même contraint Aston Martin à limiter temporairement ses exportations américaines en avril et mai, en attendant l’entrée en vigueur d’un accord commercial entre Londres et Washington. Cet accord, effectif fin juin, a permis de réduire les droits de douane sur les automobiles britanniques de 27,5 %.
Mais l’amélioration est arrivée trop tard pour compenser un marché globalement contracté. Le constructeur, déjà engagé dans un plan de réduction de ses investissements – ramenés de 2 milliards à 1,7 milliard de livres sur cinq ans – doit aussi faire face à un nouveau plan social. Jusqu’à 20 % des effectifs, soit environ 600 personnes, sont concernés, un an seulement après une précédente réduction.
Malgré ce contexte défavorable, Adrian Hallmark se veut prudent mais optimiste. « Même les marques de luxe les plus résilientes ne sont pas à l’abri des frictions géopolitiques », reconnaît-il auprès de l’AFP. Le dirigeant estime toutefois que les mesures prises permettront « une amélioration significative » des performances dès 2026. Les investisseurs semblaient partager cet espoir : l’action progressait de plus de 5 % mercredi matin à Londres.