Hausse des morts sur la route en 2025 : le rôle du protoxyde d’azote et des nouvelles mobilités
La mortalité routière a progressé de 2,1 % en 2025, avec 3 260 décès en France métropolitaine. La ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne pointe des facteurs comportementaux persistants et cible particulièrement le protoxyde d’azote, associé à un nombre "trop nombreux" d’accidents. Les jeunes et les usagers de nouvelles mobilités sont fortement touchés : 80 morts en engins de déplacement personnel, et une hausse notable chez les mineurs, alors que les 18-24 ans reculent légèrement.
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Pompiers intervenant lors d'un accident avec blessé
© Adobe StockInterrogée par l’AFP, la ministre insiste sur les facteurs comportementaux — alcool, vitesse, stupéfiants — mais cible désormais un phénomène en forte croissance : le protoxyde d’azote. Son usage détourné, déjà documenté dans plusieurs villes, serait à l’origine d’accidents « trop nombreux ». Mme Vedrenne parle d’un « fléau » que le gouvernement inscrit parmi ses priorités d’action pour 2026, en raison de drames souvent « évitables ».
L’autre rupture majeure concerne les nouvelles mobilités. Les utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés, notamment les trottinettes électriques, comptabilisent 80 décès en 2025, soit 35 de plus qu’un an plus tôt. Cette hausse brutale illustre la vulnérabilité accrue d’usagers souvent jeunes, exposés à des environnements urbains saturés ou à une méconnaissance des règles.
Les mineurs sont également davantage touchés. Alors que la mortalité des 18-24 ans diminue légèrement, les enfants de 0 à 13 ans comptent douze décès supplémentaires et les adolescents de 14 à 17 ans enregistrent 41 morts. Une tendance qui interroge sur les pratiques de déplacement, l’exposition au risque et la place prise par les nouveaux modes de transport.
Seule exception notable : les deux-roues motorisés enregistrent une baisse de 29 morts, malgré leur vulnérabilité traditionnelle.
La ministre appelle désormais à renforcer la prévention, particulièrement auprès des jeunes, et à mieux encadrer les usages détournés du protoxyde d’azote.