Lucas Debargue : ode à Gershwin

Si George Gershwin a mis du temps à se faire un nom en dehors du monde des comédies musicales de Broadway, aujourd’hui ses œuvres sont reprises partout dans le monde, et quel que soit le style musical. En cette rentrée, le très inspiré Lucas Debargue s'empare de cette musique entre classique et jazz.

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Lucas Debargue : ode à Gershwin
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George Gershwin, compositeur emblématique, réinterprété par le très inspiré pianiste Lucas Debargue.

© Andreas Fleck
Pas étonnant de s'attaquer à Gershwin quand on a été bassiste dans un groupe de rock et pianiste de jazz dans des bars. Le pianiste Lucas Debargue, amateur de projets fouillés, après des intégrales pour piano consacrées à Scarlatti et à Fauré, a choisi pour son nouvel album le roi de Broadway dans les années 20-30 : George Gershwin (1898-1937). ‘‘Gershwin Variations’’ est paru chez Sony. Lucas Debargue s'était engagé auprès de la maison de disque à sortir un disque consacré au compositeur américain, mais en se lançant dans l'aventure, l'œuvre s'est révélée trop dense et le pianiste a exprimé la nécessité de réaliser un deuxième disque. Ce double-album est un remarquable hommage au génie de Gershwin, et à la variété des influences qui ont pénétré sa musique.

Ce nouvel opus donne à entendre le ‘‘Concerto en Fa’’ avec l'Orchestre de Paris, la ‘‘Rhapsody in Blue’’, 3 Préludes et 12 chansons de Gershwin, réécrites par Debargue lui-même sous forme d'études : « On a ‘‘Lady be good’’, ou des extraits de ‘‘Porgy and Bess’’ avec ‘‘Summertime’’ et ‘‘It ain't necessarily so’’, à chaque fois en utilisant des styles différents, c'est à dire qu'on va entendre de la fugue, mais aussi de la bossa nova, du reggae ou une gavotte », explique le pianiste.

Lucas Debargue aime rappeler que Gershwin était un compositeur d'avant-garde en son temps, au même titre que Schönberg : « Il avait beaucoup de succès, c'était une star de l'entertainment à l'américaine, des comédies musicales. Il faisait aussi sensation en tant que pianiste. Mais il a mis du temps à vraiment intégrer le répertoire des standards de jazz. Après, c'est devenu vraiment un des principaux fournisseurs de standards pour les jazzmen. Mais moi, je trouve ça extraordinaire que sa musique puisse toucher autant de personnes qui ont des goûts musicaux aussi divers. » Lucas Debargue aime à dire que Gershwin est « trop jazz pour les classiqueux et trop classique pour les jazzeux ».

C'est cet aspect composite, original, qui fait la richesse de la musique du compositeur américain, né à New York d'une famille juive émigrée de Russie. Nul doute que le folklore slave a marqué le jeune Gershwin, qui s'est ensuite frotté au jazz et à la chanson en grandissant. Son style musical a longtemps été difficile à classer, il est pourtant aujourd'hui joué partout dans le monde. Debargue s'en empare en cette année 2026 qui voit les États-Unis fêter les 250 ans de leur indépendance : « J'avais envie avec ce disque aussi de d'exprimer une certaine Amérique qui n'est pas forcément celle qui s'exprime le plus bruyamment aujourd'hui, mais qui s'exprime très fortement avec la musique de Gershwin, qui est cette Amérique plurielle, multiculturelle, cette Amérique avec cette vitesse folle et cet esprit d'innovation… On retrouve cette folie-là dans la musique de Gershwin. »

Lucas Debargue est en concert à Nantes les 25 et 26 septembre, à Angers le 27 septembre, et à Monaco le 25 novembre.
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