Xavier Phillips réinterprète Piazzolla uniquement avec des cordes
Réinterpréter Astor Piazzolla, sans trop s’éloigner du maître, voilà qui n’est pas évident. Mais le violoncelliste Xavier Phillips y parvient à merveille sur son nouvel album, s'amusant avec quantité d'effets sur l'instrument.
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Des arrangements, des cordes et des effets pour apporter une nouvelle jeunesse à Piazzolla.
© Lyodoh KanekoCe nouvel album de l'artiste, paru chez La Dolce Volta, donne à entendre des transcriptions de talent, signées d'un ami cher du violoncelliste : Olivier Calmel. Il fait utiliser aux musiciens, pour rendre l'âpreté voulue par Xavier Phillips, de nombreux effets : « Il y a des effets comme la chicharra, qui ressemble au bruit d'un crapaud, pour laquelle on joue sur les garnitures des cordes. Il y a aussi des effets de fouet avec les doigts sur la touche, des effets de de grincements, de craquements réalisés avec l'archet. On tape aussi l'instrument, parfois c'est très violent ! »
Précisons que les intrumentistes de l'album ne jouent que sur des instruments à cordes. Il s'agit des Lausanne Soloists, un ensemble suisse dont Xavier Phillips a la direction artistique, et composé uniquement d'étudiants encore en cursus à la Haute Ecole de Musique de Lausanne, donc sans expérience de la scène ou du métier d'orchestre. Xavier Phillips salue toutefois volontiers l'enthousiasme et la passion dont font preuve ses étudiants. Le résultat de leur travail ensemble est brillant. L'empreinte de Piazzolla, le maître du tango argentin, est respectée. Présente, mais sans plagiat facile. Les ‘‘Quatre Saisons’’ et le ‘‘Concerto pour bandonéon’’ renaissent, grâce à ces arrangements fins et piquants, de la plus belle des façons.