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Pourquoi l’électrification des véhicules utilitaires reste un défi en france ?

Plus de 6 millions de véhicules utilitaires circulent en France, majoritairement au diesel. Contraintes techniques, usages intensifs et manque d’infrastructures freinent leur électrification. Le Lab Utilitaires explore des solutions, dont l’hydrogène, pour atteindre les objectifs 2027.

Dernière modification : 14/01/2026 11:40

Pourquoi l’électrification des véhicules utilitaires reste un défi en france ?
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Un camion utilitaire électrique en charge

© Adobe Stock
Aujourd’hui, plus de 6 millions de véhicules utilitaires circulent en France, dont 93 % roulent au diesel. Pourquoi ce secteur ne suit-il pas la même trajectoire que la flotte des véhicules particuliers en matière d’électrification ? Florent Touraton, du cabinet de conseil Fleet Alternative, explique : « L’exploitation est complexe. »

La plupart des véhicules utilitaires sont exploités en centre urbain, mais leur usage ne correspond pas aux contraintes de la recharge électrique. « Un véhicule utilitaire, en tout cas pour une grande majorité d’entre eux, ne peut pas accéder à des parkings souterrains, là où sont les bandes de recharge. » Cela limite les possibilités de recharge rapide, qui nécessitent de rester entre 20 et 30 minutes, un délai incompatible avec l’exploitation quotidienne.

À ces contraintes s’ajoutent des usages intensifs, notamment dans le BTP. « L’électrification à batterie ne répond pas à ces besoins-là. » Pour accélérer la décarbonation de cette flotte, une structure baptisée le Lab Utilitaires a été créée. Elle rassemble des grandes entreprises, des acteurs de la filière et les pouvoirs publics.

Florent Touraton précise : « Au sein du Lab, on va retrouver des très grosses flottes, comme VI Post, comme Veolia, Rentokil, mais aussi des acteurs de la filière, comme des rétrofiters, des carrossiers, des constructeurs, des éditeurs de logiciels, des télématiciens. » Objectif : porter une parole commune sur les difficultés et besoins des utilitaires dans le cadre de l’électrification, et partager les solutions déjà mises en place par certains membres.

Parmi les alternatives crédibles, l’hydrogène semble adapté aux usages intensifs, en particulier dans le BTP. « L’hydrogène aura une part, puisque l’hydrogène permet d’avoir une charge utile dans les camions qui est plus importante, puisque le gaz ne pèse rien, ou quasi rien. » Autre avantage : une recharge similaire à celle d’un véhicule thermique, sans les contraintes des bornes électriques. « On pense que l’hydrogène a tout un rôle à jouer sur la partie usage intensif. »

Les véhicules utilitaires représentent 5 % des émissions de CO₂ dans le domaine des transports. Afin d’accélérer le verdissement de la flotte, "la loi d’orientation des mobilités prévoit de doubler la part des véhicules bas carbone dans les entreprises privées, passant ainsi de 20 % en 2024 à 40 % dès 2027.
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