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Pourquoi renault fabrique des drones sans devenir un acteur de la défense ?

Renault Group a confirmé son implication dans la fabrication de drones aériens polyvalents destinés à la DGA, tout en rappelant qu’il ne fournit que la structure et ne vise pas à devenir un acteur majeur de la défense. L’État s’appuie sur son expertise industrielle pour accélérer la production en cas de besoin. Le groupe précise que ces projets doivent rester compatibles avec son cœur d’activité.

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L’annonce de Renault Group concernant sa participation à la production de drones aériens polyvalents a suscité des réactions, tant la diversification du constructeur automobile reste inhabituelle. Interrogé, le groupe insiste pourtant sur une implication strictement industrielle et encadrée. « Dans le cas où le drone serait équipé de charges militaires, cette étape interviendrait une fois le drone livré », rappelle Renault, qui précise ne fabriquer que la structure de l’appareil.

La Direction générale de l’armement assume avoir pris « un risque » en associant l’industrie automobile à ce domaine, mais souligne son intérêt. Selon elle, travailler avec les ingénieurs de Renault permet de concevoir un drone « productible en grande quantité » grâce au savoir‑faire de l’entreprise en production de masse. La France cherche à rattraper son retard dans ce secteur, après avoir, selon le délégué général pour l’armement, « failli rater le virage » des drones.

Renault, de son côté, pose plusieurs garde‑fous : industrialisation en France, supervision du ministère des Armées, partenariats avec des industriels européens de la défense, et maintien de ses capacités d’investissement dans l’automobile, son cœur d’activité. Le groupe précise ne pas vouloir devenir un acteur majeur de la défense, mais répondre à des besoins industriels précis.

Cette stratégie de diversification reste mesurée, mais s’inscrit dans un mouvement plus large. À terme, Renault envisage aussi l’industrialisation de robots humanoïdes, en s’appuyant sur un partenariat stratégique avec la start‑up française Wandercraft. Débuté en 2025 et poursuivi en 2026, il porte sur l’utilisation et la montée en cadence du robot Calvin‑40 dans ses usines, notamment à Flins. Le constructeur y voit la possibilité d’apporter son expertise historique en production de grande série pour structurer, à terme, une filière robotique européenne.

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