Produits hyperprotéinés : une tendance qui inquiète
Les aliments enrichis en protéines explosent en France. Mais les bénéfices de ces produits sont-ils réels ? Pas vraiment… Les spécialistes de la nutrition appellent même à se méfier de cet engouement.
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Loin d’être indispensables, leur consommation doit inciter à la prudence.
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Lisa Merioud, la rédactrice en chef adjointe de notre partenaire, le magazine Bien-être et Santé, évoque ces produits qui marchent très bien, mais sur lesquels nombre de professionnels appellent à la prudence : « Ces aliments enrichis ne concernent pas la majorité de la population en France. D'autant que les carences en protéines sont assez rares dans notre pays. Dans la majorité des cas, les apports sont très faciles à couvrir avec une alimentation classique, de la viande, du poisson, des œufs, des produits laitiers, mais aussi des lentilles ou des céréales. »
Pour une personne en bonne santé qui veut simplement perdre du poids ou manger mieux, ces produits ne sont donc pas indispensables. La preuve par les chiffres : si un grand sportif a besoin d'1,4 à 2,2 grammes de protéines par kilo de son propre poids, un sujet lambda doit pouvoir se contenter de 0,8 à 1 gramme par kilo. Autrement dit, une personne de 50 kilos a besoin chaque jour d'à peine 50 grammes de protéines. Une alimentation saine et équilibrée répond donc facilement à ces besoins. De quoi relativiser le boom de la consommation de ces ‘‘hyperprot’’.
Par ailleurs, d'autres aspects de ces aliments enrichis doivent alerter. Ils sont avant tout transformés, voire ultra transformés. Leur composition soulève aussi des questions, notamment sur la qualité des protéines employées. « Sans compter que le goût particulier des protéines est souvent compensé par l'ajout de sucre, d'arômes ou d'additifs », ajoute Lisa Merioud. L'Anses a aussi déjà signalé plusieurs effets indésirables, en cas d'excès ou de surconsommation (tachycahradie, arythmie, AVC, troubles anxieux, troubles de l'humeur).
Enfin, pour sa santé, mais aussi pour son portefeuille, il est souvent plus judicieux de prendre quelques secondes pour comparer les étiquettes en supermarché : « Un yaourt présenté comme hyperprotéiné n'est pas forcément beaucoup plus riche en protéines qu'un yaourt classique. Les différences sont parfois minimes, malgré un prix qui lui, est bien plus élevé. »