Ravel à la Philharmonie : le ''Boléro'' comme fil rouge
À la Philharmonie de Paris, une exposition célèbre les 150 ans de la naissance de Ravel à travers son illustre musique de ballet. Objets personnels et éclairages inédits révèlent un compositeur attachant et novateur.
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Pierre Korzilius, commissaire de l’exposition, insiste sur l’unicité du ‘‘Boléro’’ dans l’œuvre du compositeur : « Dans le catalogue de Ravel, y a pas d'autres œuvres répétitives. » S'il a souvent intégré la danse et des influences espagnoles dans ses compositions, le ‘‘Boléro’’ reste « un ovni ». Maurice Ravel ne le considérait pas comme un chef-d’œuvre à glorifier, mais comme expérimentation. Il parvient pourtant à l'énorme exploit de faire d'une œuvre avant-gardiste, une musique qui touche « le cœur, l'âme du public universel ».
L’approche du compositeur était profondément rationnelle et méthodique : « Il aimait la mécanique, il aimait résoudre des problèmes. Comme son père, ingénieur, Ravel était aussi ‘‘expérimentateur’’, inventeur. » Son esprit d’analyse, nourri par ses insomnies, l’a amené à concevoir cette pièce, comme une énigme à résoudre. Pierre Korzilius s'amuse d'ailleurs à citer Ravel, qui affirmait : « J'ai réalisé avec le ‘‘Boléro’’, une Machine. »